Histoire de l’Haltérophilie (1972-2008)

Benjamin 3 décembre 2012 0
Histoire de l’Haltérophilie (1972-2008)

Munich, 1972 : Le super poids lourd Vasily Alexeyev était un géant de 150kg dont le maillot peinait à le contenir, athlète capable de s’enfiler 26 oeufs au plat pendant un de ses petits déjeuners à Munich. Deux années avant les jeux de 1972, Alexeyev dépassa la barrière des 500 pounds (227kg) à l’épaulé jeté. Invincible entre 1970 et 1978, il gagna son premier titre olympique à Munich avec l’impressionnante marge de 30kg sur le total olympique. Il ajouta une autre médaille d’or à son palmarès lors des jeux de Montréal (1976). Entre 1970 et 1977, Alexeyev décrocha 80 records du monde, « kilo par kilo », afin de recevoir à chaque fois la compensation financière promise par le gouvernement soviétique à l’occasion de chaque record.

Los Angeles, 1984 : Malgré les efforts de Takashi Ichiba, un compétiteur de 56kg qui réalisait un salto arrière avant chacun de ses essais, cette compétition fut largement ternie en raison du boycott mené par les soviétiques. Il manqua à l’appel les 10 champions du monde en titre, 29 des 30 précédents athlètes titrés et 94 des 100 premiers mondiaux.

Séoul, 1988 : Ces jeux marquèrent les débuts de Naim Suleymanoglu, un petit être explosif qui remporta 6 records du monde chez les – de 60kg et donna à la Turquie sa première médaille d’or depuis 2 décennies. Il répéta l’exploit en 1992 et 1996, mais l’histoire de Suleymanoglu dépassa la simple accumulation de titres. En 1986, fuyant la persécution de l’ethnie turc dans sa Bulgarie natale, Suleymanoglu, un musulman, partit en Turquie. Les règles olympiques imposaient qu’un athlète changeant de nationalité attende 3 années avant de concourir pour son nouveau pays, à moins que son pays d’origine n’en donne la permission. La Bulgarie accepta un accord lorsque le gouvernement turc leur céda un million de dollars et que Suleymanoglu promis de ne plus critiquer publiquement la politique bulgare.

Atlanta, 1996 : La compétition des – de 64kg vit pour la seconde fois le champion Naim Suleymanoglu défendre son titre face à son rival grec Valerios Leonidis. La Turquie et la Grèce ont un long passé d’opposition, les supporters de chaque athlète choisissant des places opposées dans les gradins pour s’échanger des injures. Les deux athlètes se tinrent tête pendant 2h, avant que Leonidis échoue sur sa dernière tentative, apportant à Suleymanoglu son troisième titre olympique consécutif. L’émotion engendrée par cette compétition valut aux deux athlètes une ovation debout du public.

Sydney, 2000 : Ces jeux furent les premiers à inclure l’haltérophilie féminine, et par la même à voir émerger la Chine en tant que moissonneuse de médailles. Les 4 haltérophiles chinoises gagnèrent l’or, y compris chez les super lourdes (+ de 75kg) avec Ding Meiyuan. Dans cette même catégorie, la géorgienne Cheryl Haworth, seulement âgée de 17 ans, remporte la troisième place. A noter que la Colombie remporta lors de ces jeux sa première médaille d’or avec la victoire de Maria Isabel Urrutia dans la catégorie des – de 75kg.

Le turc Naim Suleymanoglu s’était retiré après les jeux olympiques d’Atlanta en 1996. Néanmoins, 9 mois avant les jeux de Sydney, « Pocket Hercules » décida de se mettre en quête d’une quatrième médaille d’or consécutive, du jamais vue en haltérophilie. Suleymanoglu, qui concourrait dans les – de 62kg échoue malheureusement sur ses deux premiers essais à 145kg. Il montera sa troisième barre à hauteur des yeux, n’allant pas au bout de son mouvement. Il laisse retomber sa barre au sol, s’éloignant rapidement du plateau, étant dès lors éjecté de la finale.

Le grec Pyrros Dimas remporte le titre dans les – de 85kg pour la troisième fois, rejoignant la légende Naim Suleymanoglu au nombre de médailles d’or obtenues pendant une carrière. Dimas fut presque éjecté de la compétition sur le snatch, mais il sauva de justesse sa place grâce à un troisième essai victorieux. Les trois médaillés finirent avec le même total olympique, mais Dimas gagna car il pesait le moins lourd. Un jour plus tard, la moisson grec continua lorsque le coéquipier de Dimas, Kakhi Kakhiasvili fêta le troisième titre de sa carrière en remportant la médaille d’or chez les – de 94kg, la victoire s’étant également jouée au poids du corps.

Athènes, 2004 : Quatre années après que Naim Suleymanoglu ai raté sa 4ème médaille d’or d’affilée aux jeux olympiques, le grec Pyrros Dimas pris sa retraite sportive devant une foule impressionnante venue l’acclamer. Concourent dans la catégorie des – de 85kg, Dimas rate 2 épaulés jetés durant sa finale, lui faisant « seulement » remporter la médaille de bronze, derrière le géorgien George Asanidze et le bélarus Andrei Rybakov. Après que Dimas ai échoué à 205kg, pour obtenir l’or il décide de monter la barre à 207.5kg mais rate également cette dernière. Dimas rejoint alors l’allemand Ronny Weller et l’américain Norbert Schemansky dans le groupe des haltérophiles ayants obtenus 4 médailles olympiques durant leur carrière.

Pékin, 2008 : La finale des + de 105kg a vu la consécration aux Jo de Pékin de l’allemand Matthias Steiner: lui accordant par là même le titre « d’homme le plus fort du monde ». Steiner a réussi à soulever un total de 461kg dans la catégorie des supers lourds, concluant sa victoire par un épaulé jeté de 258kg. Il bat de justesse le russe Evgeni Chigishev, qui pensait déjà avoir gagné avec son épaulé jeté à 250kg. Le champion du monde letton Viktors Scerbatihs quant à lui dû se contenter du bronze. Dans la catégorie des – de 105kg, le champion du monde belarus Andrei Aramnau remporte la médaille d’or en s’attribuant 3 records du monde.

Liu Chunhong réalise chez les femmes 3 records du monde dans la catégorie des – de 69kg (sur l’arraché, l’épaulé jeté et le total). Elle écrase la compétition, soulevant un total de 286kg. La championne du monde russe Oxana Slivenko fut seconde, mais très distancée, avec un total de 255kg. La Chine remporta 4 des 7 médailles disponibles chez les femmes en haltérophilie, pendant que les hommes ramenaient 4 médailles d’or et une d’argent.

Source: Lien (Traduction par Benjamin)

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